Vous avez peut-être déjà vu ces zones fraîchement peintes en jaune, ou ces potelets plantés là où une voiture stationnait la veille. Ce n’est pas une lubie locale : une obligation nationale impose de libérer les cinq mètres situés juste avant chaque passage piéton, et l’échéance tombe le 31 décembre 2026. À Paris, plusieurs dizaines de milliers de places sont concernées.
Ce que dit exactement la règle
Le texte de référence est la loi d’orientation des mobilités du 24 décembre 2019, qui a créé l’article L. 118-5-1 du code de la voirie routière. Il impose aux communes de neutraliser le stationnement des véhicules motorisés sur les cinq mètres en amont de chaque passage piéton, au plus tard à la fin de l’année 2026. Les deux-roues motorisés sont concernés au même titre que les voitures. Les vélos et trottinettes, eux, peuvent y rester : ils masquent beaucoup moins la visibilité.
Pourquoi cette mesure
L’objectif tient en un mot : voir et être vu. Une voiture garée au ras d’un passage piéton dissimule l’enfant, la personne âgée ou le fauteuil qui s’apprête à traverser, et prive le conducteur qui arrive de toute anticipation. Les cinq mètres dégagés rendent la traversée visible de loin. C’est une mesure qui bénéficie d’abord aux personnes les plus lentes à traverser, celles-là mêmes qui sont les plus exposées.
Un simple marquage ne suffit pas
La mise en conformité ne se limite pas à un trait de peinture. Les communes doivent matérialiser l’interdiction par un marquage au sol jaune sur les cinq mètres, puis empêcher physiquement le stationnement, avec des potelets rétroréfléchissants ou des bornes. L’espace libéré est ensuite réaménagé : arceaux à vélos, emplacement réservé aux personnes à mobilité réduite, jardinière ou élargissement du trottoir. C’est ce qui explique que les chantiers avancent par vagues, rue par rue, plutôt que d’un seul coup.
Combien ça coûte si vous vous garez quand même
Se garer dans ces cinq mètres constitue un stationnement très gênant. C’est une contravention de 4e classe : 135 euros d’amende forfaitaire, portée jusqu’à 375 euros en cas de majoration, avec mise en fourrière possible du véhicule. L’infraction est constatée même en l’absence de marquage au sol, puisqu’elle figure déjà au code de la route. Autrement dit, n’attendez pas la peinture jaune pour changer d’habitude.
Ce que ça change concrètement à Paris
La capitale compte des milliers de passages piétons, souvent à chaque angle de rue : la règle y produit mécaniquement un effet très large, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers de places supprimées d’ici la fin de l’année prochaine. Si vous êtes automobiliste à Paris, deux réflexes s’imposent : anticipez une recherche de place plus longue dans les quartiers résidentiels denses, et comparez le coût d’un abonnement en parking souterrain, souvent plus avantageux qu’on ne le croit dès lors qu’on intègre le risque d’amende.
Si vous employez une aide à domicile ou un professionnel de santé qui vient chez vous en voiture, anticipez aussi : les places disparues le sont définitivement. Voir nos infos transports de la semaine et l’ensemble de nos actualités pratiques.













































