Aide à domicile : l’exonération reportée à 80 ans, jusqu’à 15 % de plus à payer pour les 70-79 ans

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Aide à domicile : l'exonération reportée à 80 ans, jusqu'à 15 % de plus à payer pour les 70-79 ans
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C’est un changement discret mais lourd de conséquences pour des centaines de milliers de foyers. Depuis juillet 2026, l’exonération de cotisations patronales dont bénéficiaient les particuliers employeurs âgés d’au moins 70 ans n’est plus accessible qu’à partir de 80 ans. Résultat : le coût d’une heure d’aide à domicile augmente d’environ 15 % pour les seniors de 70 à 79 ans qui emploient directement leur intervenant. Beaucoup le découvrent seulement maintenant, sur leur relevé de rentrée.

Ce que dit exactement le décret

Le décret n° 2026-261 du 8 avril 2026, pris en application de la loi de finances pour 2026, relève de 70 à 80 ans la condition d’âge ouvrant droit à l’exonération de cotisations patronales de sécurité sociale prévue à l’article L. 241-10 du code de la sécurité sociale. Le texte prévoyait une application rétroactive au 1er janvier 2026, mais l’Urssaf a finalement précisé que la mesure ne s’applique qu’à partir de juillet 2026, sans régularisation des cotisations pour la période antérieure. Une tolérance qui évite à des milliers de foyers un rappel rétroactif.

Combien cela coûte concrètement

Le reste à charge horaire passe d’environ 10,62 euros à 12,21 euros par heure déclarée, soit une hausse de l’ordre de 1,60 euro de l’heure. Sur un budget mensuel, cela représente généralement 60 à 120 euros supplémentaires selon la fréquence des interventions. Selon les estimations, 348 000 particuliers employeurs autonomes âgés de 70 à 79 ans sont directement concernés. L’État attend de cette mesure une économie d’environ 100 millions d’euros.

Qui n’est pas concerné

Tout le monde ne subit pas cette hausse. Restent protégés :

  • les personnes âgées de 80 ans et plus ;
  • les bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou de la prestation de compensation du handicap (PCH), quel que soit leur âge ;
  • les personnes titulaires d’une carte mobilité inclusion ;
  • celles qui passent par un organisme prestataire agréé plutôt que par l’emploi direct.

Point important pour les couples : il suffit que l’un des deux conjoints ait atteint 80 ans pour que le foyer conserve l’exonération.

Ce que vous pouvez faire pour limiter la hausse

Premier réflexe : vérifier si vous êtes éligible à l’APA. Beaucoup de seniors de 70 à 79 ans ne l’ont jamais demandée alors qu’ils remplissent les conditions de perte d’autonomie, et cette allocation continue d’ouvrir droit à l’exonération. La demande se fait auprès du conseil départemental ou du centre communal d’action sociale (CCAS). Deuxième piste : comparer avec le passage par un service prestataire agréé, dont le tarif horaire est plus élevé mais qui n’est pas touché par cette réforme, et qui reste éligible au crédit d’impôt de 50 %. Selon votre volume d’heures, l’écart peut se resserrer nettement.

N’oubliez pas non plus le crédit d’impôt services à la personne, qui rembourse la moitié des dépenses dans la limite des plafonds annuels, et l’avance immédiate qui permet de ne payer que la moitié dès le départ. Pour faire le tour de vos droits, consultez notre guide complet des aides pour les personnes âgées.

Sources

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