Depuis le 1er juillet 2026, les particuliers qui emploient une aide à domicile ne bénéficient plus automatiquement de l’exonération de cotisations patronales dès 70 ans : l’âge d’accès a été relevé à 80 ans. Une réforme discrète mais lourde de conséquences pour des centaines de milliers de seniors franciliens.
Ce qui change depuis le 1er juillet 2026
Jusqu’ici, toute personne âgée de 70 ans et plus qui employait directement une aide à domicile bénéficiait, sans démarche ni condition de ressources, d’une exonération de cotisations patronales de Sécurité sociale sur les heures déclarées. Le décret n° 2026-261 du 8 avril 2026 a rehaussé cet âge de 70 à 80 ans. Concrètement, un particulier employeur de 72 ou 78 ans qui réglait ses cotisations via le CESU voit désormais disparaître cet avantage, sauf s’il relève d’un autre cas d’exonération.
La mesure s’inscrit dans un effort de maîtrise des dépenses sociales, mais elle intervient dans un secteur déjà tendu, où le maintien à domicile repose largement sur l’emploi direct.
Qui reste exonéré, quel que soit l’âge
La réforme ne touche pas les personnes en perte d’autonomie reconnue. Continuent à bénéficier de l’exonération, sans condition d’âge :
- les bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) ;
- les bénéficiaires de la Prestation de compensation du handicap (PCH) ;
- les personnes reconnues dans une situation de dépendance ou de handicap ouvrant droit à ces dispositifs.
Autrement dit, les seniors les plus fragiles restent protégés. Ce sont surtout les personnes de 70 à 79 ans encore relativement autonomes, mais qui rémunèrent une aide pour le ménage, les courses ou la préparation des repas, qui sont concernées.
Quel impact sur la facture
Selon les estimations relayées autour de la réforme, la fin de l’exonération patronale se traduit par une hausse d’environ 15 % du coût de l’heure travaillée. Pour les foyers qui emploient plusieurs heures par semaine, cela peut représenter jusqu’à 120 euros de plus par mois. Au total, près de 348 000 personnes de 70 à 79 ans seraient concernées à l’échelle nationale, dont une part importante en Île-de-France, région où le recours à l’emploi à domicile est particulièrement répandu.
Pas de rattrapage pour le premier semestre 2026
Bonne nouvelle sur la transition : l’Urssaf a indiqué qu’aucune régularisation ne serait exigée pour la période de janvier à juin 2026. Les cotisations antérieures au 1er juillet ne feront pas l’objet d’un rattrapage. Le nouveau calcul s’applique uniquement aux heures déclarées à compter de juillet 2026.
Nos conseils pour anticiper
Si vous ou un proche êtes concerné, plusieurs pistes permettent de limiter l’impact :
- Vérifier l’éligibilité à l’APA auprès du conseil départemental : au-delà de l’aide financière, elle maintient l’exonération.
- Continuer à utiliser le crédit d’impôt de 50 % pour l’emploi à domicile, qui reste en vigueur et peut être versé en avance immédiate via le CESU.
- Se rapprocher d’un service d’aide à domicile mandataire ou prestataire pour comparer les coûts et les démarches.
Pour aller plus loin, retrouvez notre panorama des aides financières pour les seniors en 2026, notre dossier sur ce qui change en 2026 pour le maintien à domicile, ainsi que nos solutions pour soutenir les aidants et le témoignage d’une infirmière de l’Adiam sur l’importance de l’aide à domicile.


















































