BHV Marais : 150 salariés mobilisés contre les impayés et les retards de mutuelle

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BHV Marais : 150 salariés mobilisés contre les impayés et les retards de mutuelle
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Ils étaient environ 150 devant les portes du grand magasin, vendredi 11 septembre en fin d’après-midi. Salariés du BHV Marais, syndicalistes et soutiens se sont rassemblés rue de Rivoli à l’appel d’une intersyndicale très large, pour dénoncer des retards de paiement qui durent et un magasin qu’ils disent « menacé de disparition ».

Une intersyndicale au complet

La mobilisation était portée par la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, la CGT et SUD Solidaires, réunies pour l’occasion. Le mot d’ordre : la grève à partir de 15 heures, puis un rassemblement devant le magasin. Voir cinq organisations signer le même appel dans une entreprise de cette taille n’a rien d’ordinaire, et donne la mesure du climat interne.

Des cotisations prélevées mais pas reversées

Le grief central est précis. Selon l’intersyndicale, les cotisations de mutuelle prélevées chaque mois sur les fiches de paie n’auraient pas été reversées à l’organisme assureur depuis la fin de l’année 2025. Les salariés craignent donc une suspension de leur couverture santé alors même qu’ils ont payé pour l’avoir. Sont également pointés des retards sur les titres-restaurant et sur les sommes destinées aux activités sociales et culturelles du comité social et économique.

Les syndicats réclament une transparence complète sur la trésorerie de l’entreprise. Une formule est revenue dans les prises de parole : l’argent des salariés n’a pas vocation à servir de trésorerie à la direction.

Un magasin en difficulté depuis sa reprise

Le BHV a été repris en 2023 par le groupe SGM. Depuis, les effectifs ont fondu de plus de la moitié et le chiffre d’affaires s’est effondré. Plusieurs marques ont quitté les rayons, invoquant des factures impayées, ce qui explique les étagères clairsemées que les clients constatent depuis des mois. Le partenariat noué avec Shein, très contesté, a ajouté à la tension sans ramener la fréquentation espérée. S’y ajoutent des pannes d’équipements récurrentes, escalators et ascenseurs en tête.

Ce que ça change si vous y faites vos courses

Le magasin reste ouvert et le mouvement de vendredi n’a pas donné lieu à une fermeture. En pratique, mieux vaut toutefois appeler avant de vous déplacer pour un article précis, notamment au rayon bricolage et quincaillerie, longtemps la marque de fabrique de l’enseigne et aujourd’hui inégalement approvisionné. Pour une commande déjà payée et non livrée, conservez tous vos justificatifs : en cas de défaillance d’une enseigne, ce sont eux qui font foi.

Pour les salariés inquiets de leur couverture santé, le premier réflexe est de vérifier directement auprès de l’organisme de mutuelle que les droits sont bien ouverts, sans attendre un remboursement refusé pour s’en apercevoir. Le comité social et économique et les représentants du personnel peuvent être saisis, de même que l’inspection du travail.

Et maintenant ?

Aucune date de nouvelle mobilisation n’a été annoncée à l’issue du rassemblement. Les syndicats attendent de la direction un calendrier chiffré de régularisation. L’avenir du plus ancien grand magasin de la rive droite, ouvert en 1856 face à l’Hôtel de Ville, dépendra largement de la capacité de son actionnaire à rétablir la confiance des marques comme des équipes.

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Sources

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