Mise à jour du 14 septembre 2026. Le moustique tigre n’est plus une curiosité méridionale : il est installé dans les huit départements franciliens, et cette saison, un foyer de chikungunya contracté sur place a été identifié à Nogent-sur-Marne. La surveillance renforcée de l’ARS Île-de-France court jusqu’au 30 novembre. Voici la situation réelle, les symptômes qui doivent alerter et les gestes qui marchent vraiment.
Ce qui s’est passé cet été à Nogent-sur-Marne
Le 19 août, un premier cas de chikungunya autochtone — c’est-à-dire contracté en France, sans aucun voyage en zone de circulation du virus — a été diagnostiqué à Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Les investigations de Santé publique France et de l’ARS ont ensuite identifié quatre cas supplémentaires dans la commune, dont deux hors du cercle familial initial : un foyer de cinq cas, confirmé au 3 septembre.
L’ARS a fait procéder à trois opérations de démoustication nocturnes : dans les nuits du 25 au 26 août, du 1er au 2 septembre, puis du 8 au 9 septembre avec un périmètre élargi aux lieux fréquentés par les deux derniers cas. Un porte-à-porte de sensibilisation a été mené le 26 août, et des flyers distribués aux riverains à partir du 7 septembre.
Le point rassurant : les cinq personnes se portent bien et aucune n’a été hospitalisée. Le point de vigilance : l’enquête entomologique du 4 septembre a confirmé la présence du moustique tigre dans le secteur, ce qui laisse envisager une chaîne de transmission encore active.
Où en est la France en 2026
Au 6 septembre 2026, Santé publique France recensait 15 épisodes de transmission autochtone en France hexagonale : 11 épisodes de chikungunya totalisant 57 cas (Tarn, Lot, Gironde et Val-de-Marne) et 4 épisodes de dengue totalisant 6 cas (Tarn, Hérault, Dordogne, Bouches-du-Rhône).
C’est nettement moins que 2025, année record avec 809 cas autochtones de chikungunya, mais la tendance de fond ne s’inverse pas : Aedes albopictus est implanté dans 81 départements métropolitains. En Île-de-France, la colonisation est désormais complète.
Un détail qui explique beaucoup : le moustique tigre transmet le chikungunya dès 20 °C et devient contaminant en trois jours, alors qu’il lui faut 28 °C et sept à quatorze jours pour la dengue. C’est pourquoi le chikungunya progresse plus vite sous nos latitudes.
Les symptômes qui doivent vous faire consulter
Le chikungunya se manifeste par une fièvre brutale supérieure à 38,5 °C associée le plus souvent à d’importantes douleurs articulaires — poignets, chevilles, doigts — parfois invalidantes. Les symptômes apparaissent deux à sept jours après la piqûre.
La règle a changé : une fièvre sans voyage ne doit plus rassurer. Si vous avez de la fièvre et des douleurs articulaires, consultez rapidement, même si vous n’avez pas quitté l’Île-de-France. Le chikungunya est une maladie à signalement obligatoire : chaque déclaration permet à l’ARS de déclencher une démoustication et de couper la chaîne.
Une personne infectée reste contaminante pour les moustiques pendant une dizaine de jours. C’est pour cela qu’un malade doit se protéger des piqûres : ce n’est pas pour lui, c’est pour ses voisins.
Les gestes qui changent vraiment quelque chose
Le moustique tigre vole peu : il naît, pique et meurt dans un rayon de 150 mètres. Autrement dit, celui qui vous pique est né chez vous ou chez votre voisin. C’est une bonne nouvelle, parce que l’action individuelle est efficace.
- Videz toute eau stagnante, chaque semaine. Une capsule de bouteille suffit à une ponte. Soucoupes de pots de fleurs, seaux, arrosoirs, jouets, pneus, bâches, goutières : tout y passe.
- Couvrez les récupérateurs d’eau de pluie avec un voile moustiquaire ou un couvercle hermétique.
- Portez des vêtements couvrants et utilisez un répulsif cutané adapté — demandez conseil en pharmacie, les formules diffèrent pour les enfants et les femmes enceintes.
- Fermez les fenêtres le soir ou posez des moustiquaires. Le moustique tigre pique surtout le matin et en fin de journée, contrairement au moustique commun.
Les pièges à ultrasons et les bracelets répulsifs n’ont pas démontré d’efficacité. L’élimination des gîtes larvaires, elle, en a une.
Personnes âgées et à domicile : les points d’attention
Chez une personne âgée, le chikungunya peut se présenter de façon atypique : confusion, chute, fatigue majeure, sans la fièvre franche attendue. Les douleurs articulaires peuvent aussi être mises sur le compte d’une arthrose préexistante et retarder le diagnostic.
Si vous intervenez au domicile d’une personne fragile, deux réflexes simples : faites le tour du balcon ou du jardin pour vider les soucoupes et les seaux, et signalez toute fièvre inexpliquée plutôt que d’attendre. En cas de doute sur qui appeler, nos repères sont dans la page urgences et maisons médicales de garde à Paris.
À noter enfin qu’un autre virus transmis par les moustiques circule en Île-de-France : voir notre article sur la surveillance du virus du Nil occidental.
Signaler un moustique tigre
Le portail national signalement-moustique.anses.fr permet de signaler une observation avec photo : les données alimentent la cartographie officielle. Pour les questions de santé, la page dédiée de l’ARS Île-de-France est mise à jour au fil de la saison.














































