C’est un phénomène suffisamment régulier pour que Santé publique France lui consacre chaque année un bulletin de surveillance dédié : « l’asthme en lien avec la rentrée scolaire ». Quelques jours après la reprise des cours, les passages aux urgences et les consultations pour crise d’asthme augmentent nettement, surtout chez l’enfant. La rentrée 2026 approche : c’est maintenant, et non le 1er septembre, qu’il faut reprendre les traitements interrompus pendant l’été.
Pourquoi les crises repartent en septembre
L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches, fréquente chez l’enfant comme chez l’adulte, rappelle Santé publique France. Le pic de la rentrée s’explique par la conjonction de trois facteurs qui se cumulent en quelques jours.
La reprise de la circulation des virus respiratoires. Le retour en collectivité remet en circulation les rhinovirus, principaux déclencheurs des exacerbations de septembre, avant l’arrivée des virus saisonniers d’automne et d’hiver.
Le retour aux expositions intérieures. Acariens, moisissures, produits d’entretien, formaldéhyde des mobiliers neufs : les salles de classe fermées tout l’été concentrent des irritants respiratoires. À l’extérieur, les pollens de fin d’été prennent le relais, notamment l’ambroisie, dont nous détaillions récemment la progression en Île-de-France.
L’interruption estivale du traitement de fond. C’est le facteur le plus fréquent, et le seul entièrement évitable. L’été se passe souvent sans symptômes : le corticosteïde inhalé quotidien est espacé, puis abandonné. L’inflammation bronchique, elle, ne disparaît pas pour autant. Elle redécompense dès la première agression virale ou allergique.
Ce qu’il faut faire dans les dix jours qui viennent
Quatre gestes concrets, à traiter avant la reprise des cours.
- Reprendre le traitement de fond s’il a été interrompu, ainsi que le traitement antiallergique, sans attendre les premiers symptômes. La reprise doit être validée par le médecin traitant ou le pédiatre.
- Vérifier les dates de péremption du bronchodilatateur de secours et de la chambre d’inhalation, et contrôler qu’il reste des doses dans le dispositif. Un aérosol vide qui continue de propulser du gaz donne l’illusion de fonctionner.
- Refaire vérifier la technique d’inhalation. C’est le point sur lequel votre pharmacien peut intervenir immédiatement, sans rendez-vous. Une mauvaise coordination main-poumon ou une chambre d’inhalation mal ajustée réduit considérablement la dose réellement délivrée aux bronches.
- Mettre à jour le plan d’action écrit et, pour un enfant scolarisé, le projet d’accueil individualisé (PAI) avec l’école. Un PAI expiré empêche l’équipe éducative d’administrer le traitement de secours.
Les signes que l’asthme n’est plus contrôlé
Un asthme bien équilibré ne doit pas gêner la vie quotidienne. Doivent alerter et motiver une consultation avant la rentrée : un recours au bronchodilatateur de secours plusieurs fois par semaine, des réveils nocturnes liés à la toux ou à la gêne respiratoire, un essoufflement à l’effort qui n’existait pas auparavant, ou une toux sèche persistante après un rhume banal.
En cas de crise, l’appel au 15 s’impose devant une gêne respiratoire qui ne cède pas après les bouffées de secours, une difficulté à terminer une phrase, des lèvres ou des ongles bleutés, ou une somnolence inhabituelle.
Chez le senior, un diagnostic souvent retardé
Le pic de septembre concerne surtout les enfants, mais l’asthme du sujet âgé mérite une vigilance particulière. Chez la personne âgée, l’essoufflement est fréquemment attribué à l’âge, à une insuffisance cardiaque ou à une BPCO, ce qui retarde le diagnostic. La technique d’inhalation, elle aussi, se dégrade avec l’arthrose des mains ou une force inspiratoire diminuée : une chambre d’inhalation ou un dispositif adapté change souvent tout. Certains traitements courants, dont les bêta-bloquants non cardiosélectifs et les anti-inflammatoires non stéroïdiens, peuvent par ailleurs aggraver un asthme : signalez toujours votre asthme lors de la délivrance d’une nouvelle ordonnance.
Les personnes asthmatiques font partie des publics pour lesquels la vaccination contre la grippe est recommandée chaque automne. Le rendez-vous se prépare dès septembre chez votre médecin ou votre pharmacien.
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Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. Toute modification de traitement doit être validée par votre médecin.














































