C’est l’un des changements les plus concrets de cette rentrée : à partir du 1er septembre 2026, la durée d’un arrêt de travail prescrit sera plafonnée. Un arrêt initial ne pourra plus dépasser 31 jours, et chaque prolongation sera limitée à 62 jours. La mesure, issue du décret n° 2026-498 de juin 2026, concerne tous les salariés, y compris les aides à domicile et les aidants qui doivent s’arrêter pour raison de santé. Voici ce qu’elle change, et surtout ce qu’elle ne change pas.
Deux plafonds, une seule logique
Jusqu’à présent, aucune durée maximale ne s’imposait au professionnel de santé qui prescrivait un arrêt. Le décret introduit deux bornes : 31 jours pour la prescription initiale, 62 jours pour chaque renouvellement. Ces plafonds s’appliquent aux prescriptions et aux prolongations établies à compter du 1er septembre 2026. Les arrêts en cours à cette date ne sont pas remis en cause.
La mesure découle de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui visait un encadrement plus strict des prescriptions d’arrêt de travail, dans un double objectif d’harmonisation des pratiques médicales et de maîtrise des dépenses d’indemnités journalières.
Qui est concerné par la nouvelle règle
Le plafond s’impose à tous les professionnels habilités à prescrire un arrêt de travail : médecins, sages-femmes et chirurgiens-dentistes. Il s’applique quelle que soit la pathologie et quel que soit le statut du patient salarié.
Pour un salarié francilien, la conséquence pratique est simple : un arrêt long ne sera plus délivré en une seule fois sur plusieurs mois. Il faudra revoir le prescripteur à échéance pour obtenir une prolongation, ce qui suppose d’anticiper la prise de rendez-vous, en particulier dans les zones où les délais sont longs.
Les maladies graves ne sont pas oubliées
C’est le point le plus important, et le plus souvent mal compris. Le plafond n’est pas un couperet : le professionnel de santé conserve la possibilité de dépasser ces durées lorsque l’état de santé du patient le justifie, notamment en cas de maladie grave ou de traitement lourd. Il doit alors motiver ce dépassement par écrit sur l’avis d’arrêt de travail.
Autrement dit, un patient en affection de longue durée, en convalescence après une opération lourde ou en traitement oncologique ne verra pas son arrêt coupé automatiquement au bout de 31 jours. La décision reste médicale ; c’est la formalisation qui devient obligatoire.
Ce que cela implique concrètement
Trois réflexes à adopter à partir de septembre. Notez la date de fin de votre arrêt et prenez rendez-vous une à deux semaines avant si une prolongation est probable : un arrêt non prolongé dans les temps peut entraîner une interruption du versement des indemnités journalières. Conservez tous les volets de vos avis d’arrêt, y compris ceux comportant une justification manuscrite du prescripteur. Enfin, prévenez votre employeur dans les 48 heures à chaque prolongation, comme pour un arrêt initial : la règle de délai reste inchangée.
Ce plafonnement s’ajoute à une série d’évolutions applicables à la même date, dont la réforme du tiers payant en pharmacie. Du côté des professionnels du domicile, la revalorisation des salaires de l’aide à domicile reste par ailleurs le grand chantier de la branche. Retrouvez l’ensemble de notre actualité pratique en Île-de-France, ainsi que notre suivi hebdomadaire des perturbations dans les transports franciliens pour organiser vos rendez-vous médicaux.














































