Aide à domicile : +63 € brut par mois, ce que la revalorisation change chez vous

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Aide à domicile : +63 € brut par mois, ce que la revalorisation change chez vous
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C’est une revalorisation qui concerne directement les personnes accompagnées à domicile et leurs familles, même si elle porte sur les salaires. Les avenants n° 75 et n° 76 à la convention collective de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile (BAD) sont agréés depuis la publication de l’arrêté au Journal officiel, le 29 mai 2026, et s’appliquent depuis le 1er juin 2026. Ce qu’ils changent, pour les intervenants comme pour les bénéficiaires.

Onze points de plus sur tous les coefficients

L’avenant n° 75 relève de onze points l’ensemble des coefficients de la grille conventionnelle. Concrètement, la mesure représente de l’ordre de 63 € brut supplémentaires par mois pour un salarié à temps plein. Selon le coefficient et l’ancienneté, la grille de la branche s’échelonne désormais approximativement entre 1 841 € et 2 273 € brut mensuels pour un temps complet.

Cet agrément intervient après plusieurs refus successifs — en octobre 2024, en mars 2025, puis en mars 2026 — et plus d’un an d’attente pour les organisations du secteur. Il ne concerne que le secteur associatif et non lucratif : les salariés d’entreprises privées relèvent d’une autre convention collective, et les salariés employés directement par un particulier (via le CESU) dépendent de la convention des particuliers employeurs.

Indemnités kilométriques : 0,40 € le kilomètre

L’avenant n° 76 porte l’indemnité kilométrique à 0,40 € par kilomètre parcouru, contre 0,38 € depuis 2022. Une revendication ancienne des fédérations : pour beaucoup d’intervenants, les déplacements entre deux domiciles représentent une part importante de la journée, et le coût d’usage du véhicule personnel pèse directement sur le pouvoir d’achat. En grande couronne francilienne, où les distances entre bénéficiaires sont souvent longues, l’effet est plus sensible qu’à Paris intra-muros.

Quel effet sur le coût pour les bénéficiaires ?

C’est la question que se posent légitimement les familles. La revalorisation pèse sur les charges des structures, qui négocient leurs tarifs horaires avec les départements financeurs. Pour les heures prises en charge au titre de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou de la prestation de compensation du handicap (PCH), le tarif applicable est fixé par le conseil départemental : une hausse éventuelle ne se répercute pas mécaniquement sur le reste à charge du bénéficiaire.

En revanche, pour les heures payées hors dispositif d’aide, le tarif horaire de la structure peut évoluer. Le réflexe utile : demander à son service d’aide à domicile un devis actualisé et vérifier le tarif horaire mentionné sur les prochaines factures, ainsi que la ventilation entre part prise en charge et reste à charge.

Un enjeu d’attractivité avant tout

Les fédérations employeurs présentent la mesure comme un signal envoyé à des métiers en tension : difficultés de recrutement persistantes, usure professionnelle élevée, turnover important. En Île-de-France, où le coût du logement pèse lourdement sur des salaires proches du minimum conventionnel, ces tensions se traduisent très concrètement pour les familles : délais de mise en place d’un plan d’aide, changements fréquents d’intervenant, heures non pourvues le week-end.

Les fédérations soulignent toutefois que la question du financement de cette revalorisation reste ouverte, et appellent à un engagement durable des pouvoirs publics pour garantir l’équilibre économique des structures.

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Sources

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