Le chiffre est le plus mauvais jamais mesuré depuis la mise en place du dispositif. Selon le sixième baromètre de la Fondation pour le logement des défavorisés, publié le jeudi 3 septembre 2026, 46 % des annonces de location parisiennes affichent un loyer supérieur au plafond légal. Elles étaient 31 % un an plus tôt.
Une dégradation inédite à Paris
L’étude a porté sur plus de 10 000 annonces parues entre août 2025 et août 2026 dans les villes qui appliquent l’encadrement des loyers. À l’échelle nationale, 37 % des annonces dépassent les plafonds, soit cinq points de plus qu’en 2025. Mais c’est à Paris que la situation se dégrade le plus vite, avec quinze points supplémentaires en douze mois.
Concrètement, près d’une annonce sur deux publiée dans la capitale propose un loyer qu’un locataire pourrait contester. La Fondation parle d’une évolution « la plus inquiétante » du panel observé.
Les meublés et les petites surfaces en première ligne
Le dépassement ne se répartit pas au hasard. Il touche surtout les logements meublés et les petites surfaces, studios et deux-pièces. Ce sont précisément les segments les plus recherchés par les étudiants, les jeunes actifs et les ménages modestes, c’est-à-dire par les publics que l’encadrement était censé protéger en priorité.
Sur ces logements, le complément de loyer, censé rester exceptionnel et justifié par un élément de confort particulier, est souvent utilisé pour absorber la différence sans justification sérieuse.
Comment vérifier si votre loyer est légal
Le contrôle est simple et gratuit. Le loyer de référence majoré dépend de quatre critères : le quartier, le nombre de pièces, l’année de construction de l’immeuble et le caractère meublé ou non du logement. Le simulateur officiel de la Direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement donne le plafond applicable à votre adresse en quelques clics.
Le bail doit obligatoirement mentionner le loyer de référence et le loyer de référence majoré. Son absence est déjà un signal.
Que faire en cas de dépassement
Un locataire qui constate un dépassement peut demander la diminution du loyer par courrier recommandé au bailleur, dans les trois ans suivant la signature du bail. Sans réponse dans les trois mois, il peut saisir gratuitement la commission départementale de conciliation, puis le juge des contentieux de la protection.
La Ville de Paris dispose également d’un service qui instruit les signalements et peut prononcer une amende administrative pouvant atteindre 5 000 euros pour un bailleur personne physique et 15 000 euros pour une société. Les Agences départementales d’information sur le logement accompagnent gratuitement les locataires dans ces démarches.
Un dispositif qui s’arrête en novembre
L’enjeu dépasse le cas individuel : l’encadrement des loyers, expérimental, doit s’éteindre en novembre 2026 si aucun texte ne le prolonge. Les associations de locataires y voient la principale explication du relâchement observé chez les bailleurs. Retrouvez nos autres repères pratiques dans ce qui change ce mois-ci.














































