Alors que l’Île-de-France est placée en vigilance rouge, une question revient chaque été : peut-on être obligé de travailler par forte chaleur ? Depuis 2025, la réglementation a nettement changé. Voici ce que dit la loi, les obligations de l’employeur et les droits des salariés.
La chaleur, désormais un risque professionnel à part entière
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, entré en vigueur le 1er juillet 2025, a refondu le cadre applicable aux fortes chaleurs au travail. Pour la première fois, la chaleur est reconnue comme un risque professionnel à part entière, au même titre que le bruit ou les produits chimiques (articles R. 4463-1 et suivants du Code du travail).
Des obligations déclenchées par la vigilance Météo-France
Nouveauté importante : les obligations de l’employeur se déclenchent désormais dès que Météo-France place la zone en vigilance jaune, orange ou rouge, quelle que soit la température exacte mesurée sur le lieu de travail. L’employeur doit évaluer les risques liés à la chaleur, en intérieur comme en extérieur, et inscrire cette évaluation dans le document unique (DUERP), en l’actualisant avant et pendant l’été.
Eau fraîche, horaires, prévention
Concrètement, en cas d’épisode intense, l’employeur doit notamment mettre à disposition de l’eau potable fraîche en quantité suffisante, avec un moyen de la maintenir au frais à proximité des postes — en particulier pour le travail en extérieur. D’autres mesures sont attendues : adaptation des horaires, pauses supplémentaires, zones d’ombre ou de repos, report des tâches les plus pénibles aux heures fraîches.
Le droit de retrait : sous conditions
Un salarié peut exercer son droit de retrait s’il a un motif raisonnable de penser être exposé à un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Attention : la chaleur à elle seule ne suffit pas automatiquement. La situation s’apprécie au cas par cas, selon l’intensité de la chaleur, la nature du travail, l’état de santé, la durée d’exposition et les mesures déjà prises. À noter : le Code du travail ne fixe aucune température maximale entraînant un arrêt automatique.
Des sanctions renforcées
En cas de manquement, l’employeur s’expose à une amende pouvant atteindre 10 000 € par salarié concerné, portée à 30 000 € et un an d’emprisonnement en cas de récidive. En cas de difficulté, le salarié peut alerter un représentant du personnel, le CSE ou l’inspection du travail.
Pour vous protéger au quotidien pendant l’épisode, retrouvez nos conseils sur le coup de chaleur et la canicule.





































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