Deux décrets publiés au Journal officiel du 31 juillet 2026 modifient le calcul de la retraite des parents. À partir du 1er septembre 2026, les trimestres accordés au titre des enfants pourront ouvrir plus tôt la porte du départ anticipé pour carrière longue, et le salaire annuel moyen sera calculé sur moins d’années. Deux mesures techniques, mais aux effets très concrets, surtout pour les mères de famille.
Deux trimestres « enfants » qui comptent enfin pour la carrière longue
Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue exige un nombre de trimestres dits réputés cotisés. Jusqu’à présent, les majorations de durée d’assurance accordées au titre des enfants n’y entraient pas, ce qui pénalisait mécaniquement les femmes, principales bénéficiaires de ces majorations.
Le décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026 corrige ce point : jusqu’à deux trimestres de bonification ou de majoration liés aux enfants peuvent désormais être retenus comme trimestres réputés cotisés. Attention à la lecture du plafond : ces deux trimestres s’entendent par assuré, et non par enfant. Une mère de trois enfants ne gagne donc pas six trimestres, mais deux au maximum. Pour certaines carrières bloquées à un ou deux trimestres du seuil, cela peut suffire à débloquer un départ anticipé.
Le salaire annuel moyen calculé sur 24 ou 23 années
Seconde évolution, moins connue mais souvent plus rentable : le nombre d’années retenues pour déterminer le salaire annuel moyen, la base de calcul de la pension du régime général, diminue pour les parents. Il passe de 25 à 24 meilleures années pour un enfant, et à 23 meilleures années à partir de deux enfants, pour les bénéficiaires d’une majoration de durée d’assurance.
Mécaniquement, écarter les années les moins bien rémunérées — souvent celles des congés parentaux ou du temps partiel subi — relève la moyenne, donc la pension. Le gain dépend entièrement du profil de carrière : il est faible pour une carrière linéaire, il peut être significatif quand la carrière comporte des années très basses.
Qui peut en bénéficier, et à partir de quand
Les décrets n° 2026-699 et n° 2026-700 du 29 juillet 2026 s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Point essentiel : les pensions déjà liquidées ne sont pas recalculées. Une retraite ayant pris effet en juillet ou en août 2026 reste calculée selon les anciennes règles.
Pour les personnes dont le départ est imminent, la date d’effet choisie devient donc un paramètre financier à part entière. Si votre demande est en cours d’instruction et que votre départ était prévu à quelques semaines de l’échéance, il peut être utile d’interroger votre caisse avant de confirmer.
Ce qu’il faut vérifier avant de déposer sa demande
Trois vérifications s’imposent. D’abord, contrôlez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr : les majorations pour enfants y figurent-elles bien, et pour le bon nombre de trimestres ? Les erreurs d’attribution entre les deux parents restent fréquentes. Ensuite, demandez une estimation avec deux dates d’effet, avant et après le 1er septembre 2026, pour mesurer l’écart réel. Enfin, si vous visez la carrière longue, faites confirmer par écrit le décompte de vos trimestres réputés cotisés : c’est ce chiffre, et non le total de trimestres, qui conditionne le départ anticipé.
D’autres aides restent à activer à l’approche de la retraite, notamment les aides aux transports pour les seniors franciliens et le rendez-vous Mon bilan prévention, gratuit à certains âges. Retrouvez toute notre actualité pratique en Île-de-France et notre suivi des perturbations dans les transports franciliens.














































