On parle beaucoup du moustique tigre, beaucoup moins du moustique commun. C’est pourtant lui, le Culex, qui transmet le virus du Nil occidental, sous surveillance renforcée en Île-de-France du 1er mai au 30 novembre 2026. Après les premiers cas humains autochtones détectés dans la région en 2025, l’ARS a rappelé fin juillet aux professionnels de santé l’importance de leur vigilance. Ce qu’il faut en retenir, sans s’alarmer.
Où en est-on en Île-de-France en 2026 ?
Aucun cas humain n’a été identifié en Île-de-France en 2026 à ce stade, indique l’Agence régionale de santé. Le virus circule toutefois bien dans l’environnement : il a été détecté une première fois en mai 2026 dans des excrétas de moustiques collectés dans un piège installé dans le Val-de-Marne (94).
En juin 2026, des cas aviaires ont été identifiés par le Laboratoire national de référence West Nile (Anses) chez des corneilles recueillies à Paris (75), en Seine-et-Marne (77), dans les Hauts-de-Seine (92) et dans le Val-de-Marne (94). Les oiseaux sont le réservoir naturel du virus : leur infection précède généralement les cas humains.
Rappel du contexte : en 2025, les premiers cas humains autochtones d’infection au virus du Nil occidental ont été signalés en Île-de-France, dans tous les départements franciliens à l’exception de la Seine-et-Marne. Le virus avait aussi été retrouvé chez des chevaux, des oiseaux et des moustiques Culex.
Quel risque réel pour la santé ?
Il faut remettre les chiffres à leur place. Chez l’humain, l’infection est asymptomatique dans environ 80 % des cas : seules 20 % des infections se traduisent par des symptômes, le plus souvent un syndrome pseudo-grippal avec fièvre, maux de tête et fatigue.
Les formes graves, dites neuro-invasives — encéphalite, méningite, paralysie flasque aiguë — concernent environ 1 % des cas. Elles touchent en priorité les personnes immunodéprimées et les personnes âgées. C’est ce qui justifie une vigilance particulière chez les seniors et les personnes suivies pour une pathologie chronique.
Point important : il n’existe pas de transmission de personne à personne. La contamination se fait exclusivement par piqûre de moustique Culex, le moustique commun, actif surtout au crépuscule et la nuit — contrairement au moustique tigre, plutôt diurne.
Les gestes de prévention, les mêmes que pour les autres moustiques
Il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique chez l’humain : la prévention repose entièrement sur la protection contre les piqûres et sur la suppression des gîtes larvaires. Concrètement : vider chaque semaine les soucoupes, seaux, arrosoirs et récupérateurs d’eau du balcon ou du jardin ; couvrir les réserves d’eau ; entretenir les gouttières.
Côté protection individuelle, le Culex piquant en soirée et la nuit, les mesures utiles sont les vêtements couvrants en fin de journée, les moustiquaires aux fenêtres ou au lit, et les répulsifs cutanés. Un conseil d’officine : chez les personnes âgées à la peau fine et chez les femmes enceintes, mieux vaut demander conseil à son pharmacien sur la concentration adaptée, certains répulsifs étant déconseillés ou à dosage réduit selon les publics.
Quand consulter, et que fait le médecin ?
Une fièvre isolée en été n’a rien d’inquiétant en soi. En revanche, une fièvre supérieure ou égale à 38,5 °C accompagnée de signes neurologiques — confusion, raideur de nuque, maux de tête intenses, faiblesse musculaire brutale — doit conduire à consulter sans attendre, en particulier après 65 ans.
Côté professionnels, l’infection au virus du Nil occidental est une maladie à signalement obligatoire, à déclarer toute l’année via le portail des signalements sanitaires. Un point focal régional est joignable au 0 800 811 411. Cette surveillance vise notamment à sécuriser les dons de sang et d’organes, le virus pouvant se transmettre par cette voie.
À retenir
Le message de l’ARS n’est pas un message d’alerte, mais de veille : le virus circule chez les oiseaux et les moustiques franciliens, aucun cas humain n’est recensé en 2026, et les gestes de prévention sont ceux, très simples, que l’on applique déjà contre le moustique tigre. La période de surveillance court jusqu’au 30 novembre.
Retrouvez toute notre rubrique Actualités, nos bons gestes contre le moustique tigre en Île-de-France et, pour les soirées en extérieur, nos idées de sorties pour ce week-end à Paris.














































