Les soins palliatifs à domicile et le soulagement de la douleur chez les patients atteints de cancer

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Les soins palliatifs à domicile
Les soins palliatifs à domicile et le soulagement de la douleur chez les patients atteints de cancer
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L’accompagnement de la fin de vie est souvent un moment éprouvant pour les familles, nombreuses sont celles qui privilégient un accompagnement de fin de vie à domicile pour permet au patient de terminer sa vie dans un environnement serein lorsque les traitements proposés par la médecine traditionnelle n’ont plus d’effet sur le patient.

Selon les résultats d’une étude Américaine, les soins palliatifs à domicile au cours des trois derniers mois de la vie semblent apporter un soulagement accru de la douleur chez les patients atteints de maladies en phase terminale comme les cancers évolutifs.

Modalités de l’étude sur la fin de vie à domicile

L’étude a examiné la relation entre le soulagement de la douleur à domicile au cours des trois derniers mois de la vie et les soins palliatifs.

Les chercheurs à l’origine de cette étude ont aussi observé une association entre la prise en charge efficace de la douleur en fin de vie et le fait d’avoir une préférence pour le lieu du décès.

2/3 des patients décédés à domicile ayant reçu des soins palliatifs spécialisés ont déclaré un « bon » soulagement de la douleur, comparativement à 37,5 % qui n’ont pas reçu ce type de soins.

Un sondage a été envoyé par la poste à la personne qui a signalé le décès, généralement un ami proche ou un membre de la famille. Au total, plus de 110 000 questionnaires remplis ont été reçus au cours de la période de 2011 à 2015, et les chercheurs de l’étude ont inclus les données de 43 509 questionnaires (40 %) après avoir appliqué leurs critères d’inclusion. Les enquêteurs ont exclu les réponses à l’enquête issus de 3 types de profiles:

  1. Défunts qui n’avaient pas passé de temps à la maison au cours des trois derniers mois de leur vie,
  2. Défunts qui n’ont pas reporté de douleurs pendant cette même période,
  3. Défunts mort subitement dans les jours suivants le retour à domicile.

Aide solitude

 

Favoriser le soulagement de la douleur pour les patients en fin de vie

Le principal résultat de l’étude était de déterminer les variables affectant l’efficacité du soulagement de la douleur chez les personnes décédées à domicile au cours des trois derniers mois de leur vie. Les chercheurs ont évalué le résultat comme une variable binaire, le « bon soulagement de la douleur » étant défini comme une douleur qui était soulagée tout le temps ou en partie, et le « mauvais soulagement de la douleur » comme une douleur qui était partiellement ou pas du tout soulagée.

Les donnée recueillis sur les 43 509 questionnaires collectés ont permis de mettre en relief les données suivantes:

  1. 35% des personnes décédées ont reçu des soins palliatifs à domicile
  2. 25% ont préféraient recevoir des soins de fin de vie.
  3. Les personnes décédées d’un cancer étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir reçu des soins palliatifs spécialisés à domicile au cours des trois derniers mois de leur vie que celles qui sont décédées d’une maladie non liée au cancer (66% vs 10%)
  4. Elles étaient également plus susceptibles d’avoir une préférence documentée quant au lieu du décès (37% vs 13%).
  5. Les personnes atteintes de maladies non liées au cancer représentaient 51% des participants, et un peu moins de la moitié (48%) de tous les décédés ont déclaré avoir un soulagement conséquent de la douleur.
  6. Les chercheurs ont constaté une corrélation significative entre le cancer et le soulagement de la douleur
  7. L’étude a également montré une association significative entre un bon soulagement de la douleur et le fait de recevoir des services de soins palliatifs spécialisés à domicile ; 67% des personnes ayant reçu des soins palliatifs au cours de la période de l’étude ont déclaré un bon soulagement de la douleur comparativement à 38 % de celles qui n’en ont pas reçu.
  8. Il y avait également une association significative entre un bon soulagement de la douleur et les patients qui avaient une préférence pour le lieu du décès.

Les chercheurs ont reconnu quelques limites à l’étude: les évaluations du soulagement de la douleur étant fondées sur les observations d’un membre de la famille, d’un conjoint, d’un ami ou d’un soignant pourraient causer une évaluation imprécise.

Bien que l’étude a pu montré des associations significatives entre le soulagement de la douleur et les soins palliatifs spécialisés et le lieu de décès préféré, les chercheurs ont averti qu’ils ne peuvent pas démontrer la causalité.

Cependant, il est tout à fait plausible que le contact avec un spécialiste des soins palliatifs ou la discussion et l’expression du lieu de décès préféré aient apporté un meilleur soulagement de la douleur au défunt, particulièrement grâce à la montée en compétence des médecins spécialisés en soins palliatifs ainsi qu’au bon dosage des analgésiques visant à soulager la douleur.

L’aide psychologique est d’une importance capitale

La détresse psychologique contribue à la difficulté de gérer les symptômes physiques tels que la douleur, l’essoufflement, les nausées, etc. Pourtant, la détresse psychologique importante est un domaine de pratique que de nombreux cliniciens spécialisés en soins palliatifs ont du mal à appréhender.

Selon une de nos psychologues à Pau, dont la formation met l’accent sur la formulation individuelle en s’appuyant sur une gamme de modèles théoriques et en adaptant des interventions fondées sur des données probantes pour répondre aux besoins spécifiques des patients ont beaucoup à apporter.

Ainsi, les psychologues sont de plus en plus souvent inclus dans les équipes de soins palliatifs pour fournir des évaluations et des interventions psychologiques expertes afin de traiter efficacement des problèmes psychologiques souvent complexes.

Les psychologues soulignent que les services de soutien psychologique évaluent et aident les patients atteints de problèmes psychologiques de tous types et niveaux de gravité, notamment :

  • l’anxiété, y compris les troubles d’adaptation, les états d’anxiété généralisée, les phobies et les crises de panique
  • la dépression, allant des troubles d’adaptation à la dépression clinique grave
  • problèmes dans les relations personnelles, y compris la communication avec les professionnels de la santé et des services sociaux
  • difficultés psycho-sexuelles
  • problèmes liés à l’alcool et aux drogues
  • trouble de la personnalité
  • automutilation délibérée
  • maladie psychotique
  • syndromes cérébraux organiques